Pendant trois jours, les partenaires du projet HEMPEL se sont réunis à Morondava pour le Comité de Pilotage (COPIL). Au programme : faire le bilan des actions menées depuis 2023, évaluer les réalisations du premier semestre 2026 et définir les orientations qui permettront de renforcer durablement la protection du paysage des Baobabs, dont l’Aire Protégée Menabe Antimena. Les échanges en salle, complétés par une visite de terrain, ont permis de confronter les résultats aux réalités du territoire.

En conservation, agir ne suffit pas. Il faut aussi prendre le temps de mesurer ce qui fonctionne, comprendre ce qui freine les avancées et ajuster les réponses lorsque le terrain l’exige. C’est tout l’intérêt d’un Comité de Pilotage : réunir les partenaires autour d’un même projet pour prendre du recul, partager les constats et décider ensemble des prochaines étapes.
Pour le projet HEMPEL, cette rencontre a été l’occasion de revenir sur trois années de mise en œuvre et d’examiner plus en détail les actions réalisées au cours du premier semestre 2026. Les échanges ont mis en lumière des avancées importantes dans plusieurs domaines : surveillance des aires protégées, restauration écologique, prévention des feux et accompagnement des communautés locales.

Des résultats qui se vérifient sur le terrain
Les données présentées pendant le COPIL montrent l’ampleur du travail engagé. En 2025, plus de 10 300 patrouilles ont été menées pour renforcer la protection du paysage. Dans le même temps, 55 hectares sont entrés en restauration écologique et plus de 123 000 jeunes plants ont été produits pour soutenir les efforts de reboisement.
Au-delà des actions environnementales, le projet a aussi contribué au développement local : 185 emplois locaux ont été créés ou maintenus, et 167 ménages ont été accompagnés dans la mise en place d’activités génératrices de revenus. Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où la lutte contre les feux de forêt à Menabe Antimena reste un enjeu majeur, mais où des signes encourageants commencent à se dessiner.
Un COPIL ne se limite toutefois pas à une lecture d’indicateurs. Les chiffres prennent tout leur sens lorsqu’ils sont confrontés à ce qui se passe réellement sur le terrain.
Anketrevo : là où les chiffres rencontrent les réalités locales
La visite à Anketrevo a constitué l’un des moments forts de la rencontre. Les membres du Comité de Pilotage y ont découvert les activités de riziculture et d’apiculture développées avec les communautés locales. Ces initiatives apportent des alternatives économiques concrètes, tout en contribuant à réduire la pression sur les ressources forestières.
Cette descente sur le terrain a permis aux partenaires de constater les progrès réalisés, mais aussi d’échanger directement avec les équipes et les communautés. Ces discussions ont aidé à mieux cerner les besoins, les contraintes et les points d’appui à renforcer pour la suite.

Des priorités claires pour la suite
Les échanges ont fait ressortir plusieurs recommandations pour renforcer l’impact du projet dans les mois à venir.
La principale priorité concerne l’élargissement des actions à davantage de ménages, afin que plus de familles puissent bénéficier des opportunités de développement proposées. Les participants ont également insisté sur la nécessité de consolider l’accompagnement des ménages déjà engagés, de poursuivre les efforts de prévention des feux, d’améliorer la coordination entre les partenaires et d’adapter les réponses aux réalités de chaque territoire.
Ces recommandations rappellent une conviction partagée par les acteurs du projet : la conservation ne peut être durable que si elle avance avec les communautés qui vivent au cœur de ces paysages.
Le COPIL s’est conclu sur une feuille de route claire : consolider les acquis, répondre aux défis encore présents et poursuivre une approche fondée sur la coopération entre institutions, partenaires techniques et communautés locales. Protéger le paysage des Baobabs, ce n’est pas seulement préserver une forêt exceptionnelle. C’est aussi construire, année après année, les conditions d’un territoire où la biodiversité et les populations peuvent prospérer ensemble.
