Un inventaire mené entre 2025 et 2026 permet de mieux comprendre l’état actuel des baobabs de l’Allée. Les résultats montrent une présence importante de jeunes arbres, mais aussi une réalité plus fragile : aujourd’hui, le renouvellement du site repose encore largement sur les efforts de restauration engagés sur le terrain.

Au coucher comme au levée, l’Allée des Baobabs offre l’une des images les plus connues de Madagascar. Mais derrière ce paysage devenu emblématique, une question demeure : ces géants pourront-ils continuer à se renouveler naturellement dans les années à venir ?
Pour y voir plus clair, les équipes de suivi écologique de l’Aire Protégée ont réalisé un inventaire complet des baobabs entre 2025 et 2026. L’objectif n’était pas seulement de les compter, mais aussi de mieux comprendre la structure de cette population et ce qu’elle dit de l’avenir du site.
Un paysage dominé par le renala
Sans surprise, l’inventaire confirme la place centrale d’Adansonia grandidieri, le renala du Menabe, dans l’identité de l’Allée des Baobabs.
Sur les 2 773 baobabs recensés, 2 705 appartiennent à cette espèce. Les autres sont beaucoup moins nombreux : 31 Adansonia rubrostipa et 37 individus de l’espèce Za. Cette forte dominance contribue au caractère unique du paysage, immédiatement reconnaissable pour les visiteurs comme pour les habitants de la région.
Mais pour comprendre si l’Allée prépare réellement sa relève, il faut aller au-delà de la liste des espèces et regarder l’âge apparent des arbres, à travers leur taille.

De nombreux jeunes baobabs, mais une régénération encore fragile
À première lecture, les chiffres peuvent sembler encourageants.
L’inventaire compte 2 279 petits baobabs, contre 257 individus de taille intermédiaire et 232 grands arbres adultes. Une telle présence de jeunes arbres pourrait laisser croire que le renouvellement est déjà bien engagé.
Mais le détail des observations invite à nuancer cette impression.
La plupart de ces jeunes baobabs ne proviennent pas d’une régénération naturelle spontanée. Ils sont majoritairement issus des campagnes de reboisement menées ces dernières années. En d’autres termes, si la relève existe, elle dépend encore beaucoup de l’intervention humaine.
Ce constat souligne l’importance des plantations déjà réalisées. Elles jouent aujourd’hui un rôle essentiel pour maintenir la présence des baobabs dans ce paysage, tout en rappelant que le retour d’une régénération naturelle plus autonome reste un enjeu majeur.
Protéger les géants, accompagner les jeunes

Les grands baobabs, ceux qui ont fait la renommée mondiale de l’Allée, restent peu nombreux dans l’ensemble de la population recensée. Leur faible proportion rappelle que le site a été marqué, au fil du temps, par différentes pressions humaines et environnementales.
Préserver ces arbres centenaires demeure donc une priorité. Mais l’avenir de l’Allée se joue aussi dans le suivi des jeunes plants, la poursuite des actions de restauration et l’identification des conditions qui permettraient aux baobabs de se régénérer plus naturellement.
Dans ce contexte, chaque inventaire apporte bien plus qu’un état des lieux. Il aide à suivre l’évolution de la population, à ajuster les décisions de gestion et à orienter les efforts de conservation là où ils sont les plus nécessaires.
Préserver l’Allée des Baobabs, ce n’est donc pas seulement protéger les géants qui attirent aujourd’hui les regards. C’est aussi donner aux jeunes arbres les meilleures chances de grandir, pour que les générations futures puissent, elles aussi, marcher un jour sous leurs ombres.