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2 juin 2026

À Loky Manambato, la prévention des feux de brousse commence par l’écoute

2 juin 2026

À Loky Manambato, la prévention des feux de brousse commence par l’écoute

Chaque année, avec l’arrivée de la saison sèche, les paysages de Loky Manambato deviennent plus vulnérables aux départs de feu, et les risques d’incendie augmentent. Ces feux, souvent liés aux brûlis agricoles, peuvent menacer les cultures, mais aussi les forêts et la biodiversité de l’aire protégée. Face à ce défi récurrent, Fanamby et la Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable (DREDD SAVA) ont choisi une approche innovante : impliquer directement les communautés locales dans la recherche de solutions.

Plutôt que de se contenter de campagnes de sensibilisation classiques, ces acteurs ont organisé une série de rencontres communautaires dans les zones les plus exposées. L’objectif ? Écouter, comprendre et co-construire des mesures adaptées aux réalités du terrain.

Des réunions pour transformer l’expérience locale en action

Pendant huit jours, quatre communes ont accueilli des assemblées réunissant près de 380 participants – agriculteurs, éleveurs, chefs de village et membres d’associations locales. Contrairement aux approches traditionnelles, où les règles sont souvent définies de l’extérieur, ces rencontres ont choisi de partir du vécu des communautés. Parce qu’ils vivent au plus près du terrain, qu’ils utilisent le feu dans leurs activités quotidiennes et qu’ils sont les premiers exposés à ses conséquences, les habitants sont aussi les mieux placés pour imaginer des réponses réalistes, adaptées et durables.

Les discussions ont rapidement révélé des solutions pragmatiques, comme :

  • L’aménagement systématique de pare-feu autour des parcelles avant tout brûlis, pour limiter la propagation des flammes.
  • L’interdiction des brûlis solitaires : désormais, une dizaine de personnes doit être présente pour surveiller le feu jusqu’à son extinction complète.
  • La création d’un registre commun : un simple cahier, où chaque agriculteur inscrit la date et le lieu prévu pour son brûlis. Cet outil permet aux villages de coordonner leurs activités, d’éviter les chevauchements dangereux et de mobiliser des renforts en cas de besoin.

Un engagement collectif qui change la donne

Une avancée importante concerne la mise en place de groupes communautaires d’alerte rapide. Concrètement, dès qu’un départ de feu est aperçu, des volontaires du village préviennent aussitôt les voisins et les autorités locales. Dans ces situations, la rapidité compte : quelques minutes suffisent parfois à éviter qu’un feu ne se propage.

Au-delà des mesures techniques, les échanges ont surtout permis de renforcer l’implication des habitants. Lors des réunions, ils ont discuté de leur propre organisation, des responsabilités à partager et des règles à mettre en place dans chaque village. Les questions ont rapidement porté sur des aspects très concrets :

  • « Qui est responsable de l’alerte en cas de feu ? »
  • « Comment mieux s’organiser entre voisins pour surveiller les brûlis ? »
  • « Quelles règles notre village veut-il appliquer pour protéger nos terres ? »

Cette appropriation locale est la clé du succès. Comme le souligne un participant : « Nous savons que les feux font partie de notre vie quotidienne. Mais cette année, nous avons compris que nous pouvons les contrôler ensemble. »

Une responsabilité partagée pour un avenir plus sûr

Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact concret de ces initiatives. La saison des feux ne fait que commencer, et les prochains mois seront déterminants. Cependant, une chose est déjà évidente : à Loky Manambato, la prévention ne repose plus uniquement sur les autorités ou les ONG. Les premiers acteurs, ce sont les communautés elles-mêmes – celles qui vivent sur ces terres, qui en dépendent, et qui ont désormais les outils pour agir.

Cette approche, centrée sur le dialogue et la co-responsabilité, pourrait bien inspirer d’autres régions confrontées aux mêmes défis. Car la lutte contre les feux de brousse ne se gagne pas avec des interdictions ou des amendes, mais avec l’intelligence collective et l’engagement de tous.

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