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29 mai 2026

Diagnostic de la Gouvernance: Quand la gouvernance accepte de se regarder en face

29 mai 2026

Diagnostic de la Gouvernance: Quand la gouvernance accepte de se regarder en face

Pendant quatre mois, l’Aire Protégée Anjozorobe Angavo a fait l’objet d’une analyse approfondie de sa gouvernance. Autorités, services techniques, forces de l’ordre, communautés locales, partenaires et équipes de Fanamby ont été consultés, puis réunis lors de trois ateliers de restitution dans les districts riverains.

Au-delà du diagnostic, cette démarche a ouvert un espace où chacun peut regarder les dysfonctionnements en face, reconnaître sa part de responsabilité et commencer à reconstruire une gouvernance réellement partagée.

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Préserver une aire protégée, ce n’est jamais seulement protéger des arbres, des espèces ou des paysages. C’est aussi faire tenir ensemble des décisions, des responsabilités, des règles, des attentes locales, des contraintes administratives et des engagements de terrain.

À Anjozorobe Angavo, cette réalité est au cœur même du modèle de gestion. L’aire protégée repose sur une cogestion : autrement dit, sa protection ne dépend pas d’un seul acteur, mais d’un ensemble d’institutions, de communautés et de partenaires appelés à travailler ensemble. Encore faut-il que cette coopération reste vivante.

C’est précisément ce que l’étude menée ces derniers mois a voulu interroger.

Pendant deux mois, des consultants spécialisés en gouvernance sont allés à la rencontre des acteurs impliqués dans la gestion de l’aire protégée : services de l’État, collectivités territoriales, autorités judiciaires, forces de sécurité, organisations communautaires, partenaires locaux, KMT ou Komity Miaro ny Tontolo iainana — les comités locaux de protection de l’environnement —, associations villageoises (VOI), ainsi que les équipes de Fanamby.

Les deux mois suivants ont été consacrés à l’analyse des informations recueillies, avant une restitution organisée dans les trois districts riverains : Anjozorobe, Manjakandriana et Moramanga.

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Mettre les constats au centre de la table

L’objectif n’était pas de présenter un rapport de plus. Il s’agissait d’ouvrir une discussion franche sur la manière dont la gouvernance fonctionne aujourd’hui, sur ce qui tient encore, et sur ce qui s’est fragilisé avec le temps.

À partir des enquêtes de terrain, une analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces (FFOM) a permis de dresser un état des lieux partagé. Le constat principal a été largement reconnu par les participants : les mécanismes de gouvernance participative existent, mais ils ne jouent plus pleinement leur rôle.

Au fil des années, la coordination entre les acteurs s’est affaiblie. Certaines instances se sont essoufflées. Les échanges entre institutions, communautés et partenaires sont devenus plus irréguliers. Dans une aire protégée où les enjeux écologiques, sociaux et économiques sont étroitement liés, cette dispersion limite la capacité collective à agir vite, à arbitrer clairement et à porter une vision commune.

Nommer ces difficultés n’a rien d’anodin. Dans un système de cogestion, reconnaître ce qui ne fonctionne pas est déjà une manière de rétablir le dialogue.

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Des échanges francs, parfois vifs, toujours utiles

Les ateliers de restitution n’ont pas évité les sujets sensibles. Les discussions ont parfois été animées, parce qu’elles touchaient à des responsabilités partagées, à des attentes fortes et à des blocages bien réels.

Chaque groupe d’acteurs a pu réagir au diagnostic, compléter les constats, préciser les difficultés rencontrées sur le terrain et proposer des pistes d’amélioration. Les échanges n’ont donc pas seulement servi à valider une analyse. Ils ont permis de commencer à transformer un diagnostic technique en engagement collectif.

Les participants ont notamment travaillé sur les mesures prioritaires à mettre en œuvre pour renforcer la gouvernance de l’aire protégée. Cette étape est essentielle : une gouvernance partagée ne se décrète pas. Elle se construit à travers des espaces réguliers de discussion, des rôles clarifiés et des décisions suivies dans le temps.

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Des décisions pour remettre la cogestion au travail

Les ateliers ont abouti à des décisions claires : appliquer les plans d’action prioritaires issus du diagnostic, élargir le Comité d’Orientation et de Suivi, le COS, à davantage d’acteurs concernés, et mettre en place des comités techniques pour suivre les grands axes de gouvernance.

Ces mesures répondent à un constat partagé pendant l’étude : les outils de cogestion existent déjà, mais ils doivent être réactivés et mieux organisés. L’enjeu est désormais de clarifier les rôles, d’assurer un suivi régulier des décisions et de renforcer la coordination entre les institutions, les communautés et les partenaires.

À Anjozorobe Angavo, le diagnostic ne reste donc pas un document de plus. Il ouvre une nouvelle étape, plus opérationnelle, où la gouvernance partagée devra se traduire par des responsabilités mieux réparties, des réunions utiles et des actions suivies sur le terrain.

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