Dans les aires protégées gérées par Fanamby, les décisions ne sont pas prises par une seule organisation. Elles sont discutées, débattues et validées collectivement au sein du Comité d’Orientation et de Suivi (COS), qui réunit les communautés locales, les autorités et les services de l’État. Cette année, les réunions organisées à Andrafiamena-Andavakoera, Loky Manambato et dans le paysage Allée des Baobabs – Menabe Antimena ont une nouvelle fois montré que la conservation est avant tout une affaire de gouvernance partagée.

Préserver une aire protégée ne consiste pas seulement à surveiller une forêt ou à protéger des espèces. C’est aussi trouver, ensemble, des réponses à des questions très concrètes : comment répondre aux besoins des habitants en charbon de bois ? Où développer des plantations d’arbres ? Comment organiser les zones de pâturage ? Comment partager les revenus générés par le tourisme ?
C’est précisément le rôle du Comité d’Orientation et de Suivi (COS). Cette instance de gouvernance réunit les représentants des communautés locales, les élus, les autorités administratives et les gestionnaires des aires protégées afin de suivre les actions menées, débattre des enjeux du territoire et prendre collectivement les décisions qui orienteront la gestion des années à venir.
Une parole qui vient du terrain
À Andrafiamena-Andavakoera, la réunion de cette année s’est distinguée par une forte participation des représentants des communautés.
Les échanges ont été organisés par thématique afin de recueillir les propositions de chacun avant d’aboutir à des décisions communes. Cette méthode a permis de mieux faire remonter les préoccupations du terrain et de construire des réponses partagées.
Parmi les sujets abordés figuraient notamment la gestion durable de la production de charbon de bois, la création de plantations d’arbres destinées à réduire la pression sur les forêts naturelles, ainsi que l’identification de zones communes dédiées au pâturage.
La réunion a également officialisé la reconnaissance d’une 16e KMT (Komity Miaro ny Tontolo Iainana), des comités communautaires chargés de la protection de l’environnement. Leur validation traduit une volonté croissante des communautés de s’impliquer directement dans la préservation de leur territoire.
Au-delà des décisions prises, le COS poursuivra son rôle de suivi en effectuant des descentes sur le terrain pour vérifier la mise en œuvre des actions décidées collectivement.


Comprendre les règles pour mieux agir
À Loky Manambato, les discussions ont rappelé qu’une bonne gouvernance repose aussi sur une compréhension commune des règles.
La réunion a permis de revenir sur le cadre légal qui régit les aires protégées afin que chaque acteur – communautés, autorités locales et partenaires – partage les mêmes repères sur ses responsabilités.
Le COS constitue également un espace où les réalités vécues par les populations riveraines peuvent être discutées ouvertement. Les difficultés rencontrées dans la gestion des ressources naturelles y sont examinées collectivement afin de rechercher des solutions durables, adaptées au contexte local.
Parce qu’elles sont construites avec ceux qui vivent quotidiennement au contact des ressources naturelles, ces décisions ont davantage de chances d’être appliquées et de produire des résultats durables.

Des résultats… et de nouvelles orientations
Dans le paysage de l’Allée des Baobabs et de Menabe Antimena, les réunions ont aussi été l’occasion de dresser le bilan des actions réalisées et de fixer les prochaines priorités.
À Menabe Antimena, les participants ont notamment souligné la baisse du nombre de feux observée au cours de l’année écoulée. Forts de ce résultat encourageant, ils ont décidé de renforcer les actions de développement destinées aux communautés, d’impliquer davantage les jeunes dans la gestion de l’aire protégée et de poursuivre les efforts d’éducation environnementale.
Du côté de l’Allée des Baobabs, plusieurs décisions importantes ont été validées concernant l’utilisation d’une déviation destinée aux poids lourds, l’organisation des droits d’entrée sur le site ainsi que les modalités de répartition des recettes générées. Ces mesures, qui entreront en vigueur après validation des ministères concernés, visent à mieux concilier fréquentation touristique, conservation du site et retombées locales.


Une conservation qui se construit avec les territoires
Ces différentes réunions rappellent une réalité essentielle : Fanamby ne gère jamais une aire protégée seul.
La protection durable de la biodiversité repose sur une gouvernance où communautés locales, autorités publiques et partenaires participent ensemble aux décisions. Le COS n’est pas une simple réunion de coordination : c’est l’espace où se construit cet équilibre entre conservation de la nature et développement des territoires.
Car lorsque chacun peut participer aux décisions qui concernent son territoire, protéger la biodiversité devient un projet collectif, porté par celles et ceux qui vivent au plus près des écosystèmes.

