
Entre novembre et décembre 2025, les équipes de Fanamby ont mené un suivi écologique des lémuriens diurnes dans plusieurs secteurs de l’aire protégée Menabe Antimena. Les résultats montrent que ces espèces ne se répartissent pas de manière homogène dans la forêt. Derrière ces écarts se dessine une lecture précieuse de l’état des habitats et des priorités de conservation.
Les lémuriens ne fréquentent pas toutes les forêts de la même façon. Dans certains secteurs, les observations s’enchaînent ; dans d’autres, elles deviennent rares, voire inexistantes. Pour les équipes de terrain, ces différences racontent bien plus que la simple présence d’animaux : elles donnent des indices sur la qualité des habitats et sur les secteurs qui méritent une attention particulière.
Le suivi, réalisé entre novembre et décembre 2025, porte sur les lémuriens diurnes, c’est-à-dire les espèces actives pendant la journée. Pour cette mission, il s’intéresse notamment au Sifaka de Verreaux (Propithecus verreauxi) et au lémur à front roux (Eulemur rufifrons). Les équipes parcourent à pied des transects, des itinéraires fixes traversant différents types d’habitats, en notant chaque lémurien observé le long du parcours. Répété selon le même protocole d’une campagne à l’autre, ce suivi permet de comparer les résultats dans le temps et de suivre l’évolution des populations.

Une photographie de la forêt
En quelques semaines de terrain, les équipes ont dressé une photographie de la présence des lémuriens dans trois secteurs de l’aire protégée. Si cette campagne ne représente qu’un instantané, elle met déjà en lumière des différences importantes entre les sites suivis. Ces observations permettent de mieux comprendre où les habitats restent les plus favorables et où une vigilance accrue est nécessaire.
| Zone | Lémuriens observés | Densité relative | Ce que révèlent les résultats |
| Lambokely | 70 | 11,67 ind./km | Un habitat particulièrement favorable aux lémuriens. |
| Ampataka | 14 | 2,33 ind./km | Une présence plus limitée, qui mérite un suivi régulier. |
| Marofandilia | 0 | 0 ind./km | Aucun individu observé lors de cette campagne ; des investigations complémentaires seront nécessaires. |
La densité relative est calculée à partir des observations réalisées le long des transects parcourus pendant le suivi.
Ce que les chiffres révèlent
Derrière ces chiffres se dessine une forêt aux visages multiples. Lambokely concentre les observations les plus nombreuses, signe que les conditions y sont aujourd’hui particulièrement favorables aux lémuriens. À Ampataka, leur présence est plus discrète, tandis qu’à Marofandilia, aucun individu n’a été observé au cours de cette campagne. Une même aire protégée peut ainsi abriter des habitats dont l’état de conservation diffère sensiblement.
Les résultats gagnent encore en relief lorsqu’ils sont comparés aux autres suivis écologiques. Le suivi des baobabs montre lui aussi qu’Ampataka présente des indicateurs particulièrement encourageants. Sans couvrir exactement les mêmes sites, ces deux campagnes racontent une histoire commune : certains secteurs conservent encore une forêt capable de soutenir une biodiversité riche.

Les lémuriens sont ainsi de précieux indicateurs de l’état de la forêt. Leur présence dépend d’une couverture forestière continue, de ressources alimentaires suffisantes et d’un habitat peu perturbé. En croisant leurs observations avec celles d’autres composantes de l’écosystème, comme les baobabs, les équipes de Fanamby obtiennent une vision plus complète de la santé de la forêt et peuvent mieux cibler les secteurs où les efforts de conservation doivent être renforcés.
Des résultats qui ouvrent la suite
Une campagne de suivi ne livre jamais toutes les réponses. En revanche, elle fournit un point de départ solide. Reproduites année après année selon le même protocole, ces observations permettent de distinguer une variation passagère d’une véritable évolution des populations.
Au fil du temps, cette accumulation de données devient un véritable fil conducteur pour la gestion de l’aire protégée. Elle aide les équipes à comprendre comment évoluent les différents secteurs de Menabe Antimena, à repérer les premiers signes de changement et à concentrer leurs efforts là où la forêt en a le plus besoin.


In November and December 2025, Fanamby teams carried out ecological monitoring of diurnal lemurs in several sectors of the Menabe Antimena protected area. The results show that these species are not evenly distributed across the forest. Behind these differences lies a valuable reading of habitat conditions and conservation priorities.
Lemurs do not use all forests in the same way. In some sectors, sightings follow one after another; in others, they become rare, or even nonexistent. For field teams, these differences reveal far more than the simple presence of animals: they provide clues about habitat quality and about the areas that deserve particular attention.
The monitoring, conducted between November and December 2025, focused on diurnal lemurs, meaning species active during the day. For this mission, special attention was given to Verreaux’s sifaka (Propithecus verreauxi) and the red-fronted lemur (Eulemur rufifrons). Teams walked transects on foot — fixed routes crossing different habitat types — and recorded every lemur observed along the way. Repeated under the same protocol from one campaign to the next, this monitoring makes it possible to compare results over time and track changes in populations.

A Snapshot of the Forest
In just a few weeks of fieldwork, the teams produced a snapshot of lemur presence across three sectors of the protected area. Although this campaign represents only one moment in time, it already highlights important differences between the sites surveyed. These observations help us better understand where habitats remain most suitable and where greater vigilance is needed.
| Zone | Lemurs observed | Relative density | What the results reveal |
| Lambokely | 70 | 11.67 individuals/km | A habitat that is particularly favorable to lemurs. |
| Ampataka | 14 | 2.33 individuals/km | A more limited presence, which deserves regular monitoring. |
| Marofandilia | 0 | 0 individuals/km | No individuals were observed during this campaign; further investigation will be needed. |
Relative density is calculated from observations made along the transects walked during the monitoring.
What the Numbers Reveal
Behind these figures lies a forest with many faces. Lambokely concentrated the highest number of observations, a sign that conditions there are currently particularly favorable to lemurs. In Ampataka, their presence is more discreet, while in Marofandilia, no individuals were observed during this campaign. A single protected area can thus contain habitats whose conservation status differs significantly.
The results become even more meaningful when compared with other ecological monitoring exercises. The baobab monitoring also shows that Ampataka offers particularly encouraging indicators. Even if the two campaigns do not cover exactly the same sites, they tell a shared story: some sectors still retain a forest capable of supporting rich biodiversity.

Lemurs are therefore valuable indicators of forest condition. Their presence depends on continuous forest cover, sufficient food resources, and a habitat that is not heavily disturbed. By cross-referencing their observations with those of other ecosystem components, such as baobabs, Fanamby teams obtain a more complete picture of forest health and can better target the areas where conservation efforts need to be strengthened.
Results That Open the Next Phase
A monitoring campaign never provides every answer. What it does provide, however, is a solid starting point. Repeated year after year under the same protocol, these observations make it possible to distinguish a temporary fluctuation from a real population trend.
Over time, this growing body of data becomes a genuine guide for protected area management. It helps teams understand how the different sectors of Menabe Antimena are evolving, detect the first signs of change, and focus efforts where the forest needs them most.
