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11 septembre 2026

Suivi des Baobabs dans le Menabe Antimena

11 septembre 2026

Suivi des Baobabs dans le Menabe Antimena

Les baobabs sont présents dans toute l’Aire Protégée Menabe Antimena, mais leur répartition varie fortement d’un secteur à l’autre. Un inventaire réalisé en 2025 et 2026 met en lumière ces différences et fournit des repères précieux pour orienter les actions de conservation.

Fanamby : Suivi des Baobabs

On imagine souvent les baobabs comme une présence immuable, disséminée à travers les paysages du Menabe. Pourtant, il suffit de parcourir quelques kilomètres pour voir le décor changer. Dans certains secteurs, les silhouettes des baobabs ponctuent presque chaque hectare. Dans d’autres, elles se font beaucoup plus discrètes.

Pour mieux comprendre cette répartition, les équipes de suivi écologique ont réalisé un inventaire sur plusieurs sites de l’Aire Protégée Menabe Antimena. Les observations ont été menées sur des parcelles standardisées de 14 hectares afin de comparer les peuplements d’une zone à l’autre.

Résumé des résultats obtenus

Ampataka est le site qui retient immédiatement l’attention. Les équipes y ont recensé 234 baobabs, soit une densité de 16,7 arbres par hectare, la plus élevée de l’inventaire.

Plus au sud, Andranomena, le CNFEREF et Ambadira présentent eux aussi des peuplements bien établis, avec des densités comprises entre 6,1 et 6,9 arbres par hectare.

À l’inverse, Marofandilia, Tanandava et Ankoraobato comptent beaucoup moins de baobabs, entre 2,5 et 4,1 arbres par hectare. L’écart est suffisamment marqué pour soulever une question : pourquoi une telle différence alors que toutes ces zones appartiennent à la même aire protégée ?

Le suivi écologique ne permet pas, à lui seul, d’apporter une réponse définitive. En revanche, il met en évidence des tendances qui rejoignent les analyses du Plan d’Aménagement et de Gestion de Menabe Antimena.

Fanamby : Suivi des Baobabs

Une forêt soumise à des pressions inégales

Toutes les parties de l’aire protégée ne subissent pas les mêmes pressions.

À Menabe Antimena, les principales menaces identifiées sont les feux, le défrichement et les coupes sélectives. À elles seules, les deux premières représentent plus de la moitié des pressions qui s’exercent sur les écosystèmes. La fragmentation des habitats, les campements illicites et les effets du changement climatique viennent s’y ajouter.

Ces pressions n’ont pas seulement un effet sur le paysage. Elles modifient progressivement les conditions dans lesquelles les espèces vivent, se reproduisent et se maintiennent. Lorsque la forêt est fragmentée, les baobabs deviennent plus isolés, les jeunes arbres trouvent moins facilement des conditions favorables pour se développer et l’ensemble de l’écosystème perd en continuité. C’est précisément l’une des hypothèses avancées pour expliquer les faibles densités observées dans certains secteurs de l’inventaire.

À l’inverse, Ampataka et Andranomena ont mieux conservé leurs peuplements. Cela s’explique en partie par leur statut de forêts classées et par une surveillance plus soutenue. Situées à proximité des principaux axes d’accès à l’aire protégée, ces zones sont parcourues plus régulièrement par les équipes de terrain, ce qui facilite les interventions et contribue à limiter certaines pressions.

Des résultats qui orientent les décisions

Pour les gestionnaires d’une aire protégée, ces différences sont loin d’être anecdotiques. L’inventaire permet aussi de fixer des priorités.

Là où les baobabs restent nombreux, comme à Ampataka, l’enjeu est avant tout de conserver cet équilibre. Cela passe par une surveillance communautaire régulière, la prévention des feux, la lutte contre les défrichements et le maintien d’une forêt suffisamment intacte pour que ces peuplements continuent de se développer.

Dans des secteurs comme Marofandilia ou Ankoraobato, la situation est différente. Les densités plus faibles invitent à renforcer les actions de restauration déjà prévues dans le Plan d’Aménagement et de Gestion. Reboiser, accompagner la régénération de la forêt lorsque c’est possible et réduire les pressions exercées sur les habitats sont autant d’actions qui peuvent, à terme, favoriser le retour de conditions plus propices aux baobabs.

Observer aujourd’hui pour mieux protéger demain

Un inventaire est souvent perçu comme une photographie de l’existant. En réalité, il sert surtout à préparer la suite.

En répétant les mêmes observations au fil des années, il devient possible de mesurer l’effet des actions de restauration, de repérer les secteurs qui se dégradent plus rapidement que prévu ou, au contraire, ceux où la forêt retrouve progressivement son équilibre.

Les baobabs sont l’un des symboles les plus connus de la région de Menabe. Ils sont aussi des indicateurs de l’état de ces forêts sèches, parmi les écosystèmes les plus riches et les plus menacés de Madagascar. Les suivre régulièrement permet de dépasser la simple contemplation du paysage et de disposer d’informations concrètes pour prendre les bonnes décisions, au bon endroit et au bon moment.

Fanamby : Suivi des Baobabs

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